Le mot du Président – Avril 2016

Cher-e-s bénéficiaires,

Certainement comme moi, comme chaque citoyen, comme chaque être humain, confronté à autant de violence, de haine, de dureté, de peine, de débats stériles, de futilité, vous vous posez des questions sur votre avenir, celui de vos enfants, de notre société, de notre planète.

Il est bien difficile de trouver des réponses socialement cohérentes dans les discours et les actes de nos dirigeants, quelque soit leur famille politique. Il est de plus en plus visible que le seul objectif qu’ils poursuivent, est l’exercice du pouvoir. Qu’ils soient socialistes, écologistes politiques, centristes, qu’ils appartiennent à la droite traditionnelle ou extrême, nos dirigeants sont tous formés dans les mêmes grandes écoles de la république et semblent tous formatés et asservis par un libéralisme économique décomplexé.

Il apparait aujourd’hui que seule une prise de conscience collective des citoyens puisse conduire à un réel changement des orientations politiques. Cette mutation, d’une société capitaliste élitiste vers une société de progrès, humaniste et solidaire ne peut se faire que par la volonté d’un mouvement fort de citoyens.

Je veux croire qu’il est encore possible de transformer notre société de façon démocratique, même si nos édiles ont spolié les nations de leur pouvoir de décision en faveur d’une Europe technocratique.

Le modèle libéral basé sur une croissance permanente de l’économie sans lien réel avec les besoins des populations ne peut survivre que par le pillage des ressources de la planète et des peuples.

Ce pillage atteint aujourd’hui ses limites, écologiquement bien sûr, avec la mise en péril de la vie sur terre mais socialement aussi car dans ce système la croissance des uns ne peut se faire qu’au détriment des autres, conduisant à des affrontements et des guerres.

Il n’est plus possible d’accepter qu’1% de la population mondiale accumule plus de richesse que les 99% du reste de l’humanité !

Les ressources naturelles de la planète appartiennent à tous les humains, elles doivent être gérées, partagées, recyclées,  écologiquement et collectivement. Les richesses issues de leur transformation et du travail humain doivent être réparties solidairement pour permettre à chacun de vivre dignement, de s’instruire, de s’émanciper, de se soigner sans qu’il soit fait référence à son statut social, à son appartenance à un groupe ethnique ou religieux ou à sa nationalité.

On peut certainement me traiter d’utopiste. Et pourtant, nous, agents des IEG, profitons et faisons vivre depuis 70 ans une utopie que d’autres ont réussi à créer : nos Activités Sociales.

Sans utopie, sans espoir, serions-nous capable de vivre ?

Si nous voulons continuer à croire en l’avenir, nous devons porter l’espoir chaque jour, au sein même de la société, de nos entreprises et ne pas accepter ce que l’on nous présente comme inéluctable.

Non, le code du travail, la médecine du travail, la sécurité sociale, les retraites, les acquis sociaux, les congés payés, ne sont pas un frein à l’emploi. Ce sont des plus-values sociales et solidaires pour tous les citoyens. Le véritable frein est l’appétit illimité des actionnaires qui refusent le partage et accumulent inutilement des richesses.

Oui, nous devons refuser le dictat patronal et gouvernemental et descendre encore dans la rue pour exiger le maintien des protections des salariés, pour refuser la précarisation des travailleurs et la pénalisation de l’action militante et syndicale.

Oui, nous devons refuser les compromissions proposées par les réformistes car elles sont à sans unique en faveur d’un patronat pour qui le pacte de compétitivité et ses 41 milliards offerts sur le dos des salariés ne suffisent pas.

Non, la faillite d’EDF et la casse du système énergétique français par notre gouvernement et l’Europe ne sont pas acceptables, ni pour les salariés, ni pour la population qui doit pouvoir continuer à bénéficier d’un service public de qualité, de l’équité de traitement et d’un accès à l’énergie garanti et à moindre coup.

Non, nos Activités Sociales ne sont pas une charge pour l’entreprise ou les citoyens mais bien une assurance sociale et solidaire qui permet aux directions de bénéficier d’agents ayant une forte culture d’entreprise, en bonne santé physique et psychique, avec une capacité de travail accrue et porteurs du service public.

OUI, nous devons continuer à défendre les valeurs de solidarité et de justice sociale qui ont amené à la création après la guerre de la sécurité sociale mais aussi des IEG et de notre Statut. Car ces valeurs sont l’avenir de l’humanité, notre avenir et celui de nos enfants.

Oui, aujourd’hui, cet espoir d’une société humaniste et respectueuse de la nature est une utopie, mais, si chaque jour, chacun d’entre nous porte et partage ces belles valeurs de solidarité et de justice avec ses voisins, ses collègues, nous serons capables de créer ce mouvement de citoyens plus fort que l’avidité de quelques uns.

Au sein de nos Activités Sociales, ce partage de valeur passe aussi par la participation de chacun à leur fonctionnement à travers les assemblées générales des SLvie qui se tiendront du 18 avril au 3 mai et précèderont celle de la CMCAS le 23 juin.

Je vous invite également à partager ces idées de solidarité, justice sociale et d’émancipation à travers la construction et la participation aux deux évènements du printemps qui fêteront les 70 ans du Statut et des Activités Sociales, le Festival d’Energie à Soulac les 14 et 15 mai et la Fête de la CMCAS à Savines le 19 juin.

Nous aussi, 70 ans après, en partageant nos valeurs, nos espoirs, nous pouvons réaliser nos utopies…

Frank BARAILLER