Le mot du président juin 2016

Cher-e-s bénéficiaires,

En ce début d’été, la situation politique internationale est fortement impactée par la montée des extrémismes, religieux et nationalistes qui a en partie contribué au choix des Britanniques de sortir de l’Union Européenne.

La situation politique mondiale est encore plus embrouillée par le retour d’une guerre entre l’Est et l’Ouest que l’on croyait oubliée depuis la réunification de l’Allemagne et la chute du bloc soviétique. Cette nouvelle « guerre froide » n’est pas idéologique mais bien économique et le champ de bataille se situe principalement au Moyen Orient et en Afrique. Si les interventions, diplomatiques ou militaires, sont actuellement  justifiées par nos gouvernements par la lutte contre l’extrémisme et les dictatures, nous ne devons pas être dupes ; ce sont leurs intérêts économiques que les grandes puissances défendent et notamment l’accès aux matières premières, pétrole, gaz, minerai, indispensables à la survie du système capitaliste et libéral basée sur la croissance permanente de leurs économies et sur la spoliation des peuples.

Malgré la mainmise des ultralibéraux sur les médias et les grandes sources d’informations, des voix discordantes commencent à se faire entendre partout dans le monde. Ces propositions de nouvelles politiques sociétales et humaines, fondées sur le partage et la gestion solidaire des ressources, s’appuient souvent sur l’analyse pertinente que les matières premières fossiles sont en quantité limitée sur la planète et qu’il devient urgent pour l’avenir des générations futures de mettre en place un nouveau modèle de société qui ne soit plus basé uniquement sur la consommation des ressources.

L’année 2015 a été traumatisante pour la plupart des citoyens français à travers les attentats terroristes de janvier et novembre. Si certains se sont tournés vers les thèses nationalistes, largement aidés en cela par les débats identitaires portés par les médias et les politiques de tous bords ainsi que par le maintien de l’état d’urgence dans le pays, de nombreux citoyens ont pris conscience des dangers que les politiques libérales font peser sur la planète. On peut analyser cette montée des extrémismes, religieux et nationalistes, comme une réponse protectionniste à la non couverture des besoins humains, vitaux et essentiels des populations, en France comme à travers le monde.

Aujourd’hui, en 2016, grâce à cette prise de conscience individuelle et collective, de nombreux citoyens et salariés s’expriment pour dénoncer les politiques ultralibérales portées par les gouvernements européens. Si cela a commencé par une opposition à l’inversion des normes dans la relation salarié-employeur prévue dans la loi Travail et le passage en force du gouvernement, c’est aujourd’hui une grande partie de la société française, portée par les Nuits Debout et les syndicats de salariés, qui échange, propose et souhaite construire un autre modèle de société plus proche des besoins des peuples.

Cette lutte est loin d’être gagnée et nous savons que l’histoire est faite d’avancées progressistes mais aussi de reculs. Mais pouvons-nous encore laisser les élites gouverner et mettre en place des mécanismes de destruction des protections des salariés mais aussi de la démocratie en faveur des grandes firmes multinationales ? Notre responsabilité d’humain et de parent n’est-elle pas de construire un monde meilleur pour nos enfants et les générations à venir ?

Ces interrogations rejoignent les questionnements et propositions des salariés des industries électriques et gazières. La création d’un pôle public de l’énergie est le seul moyen efficace de construire une réponse cohérente au besoin énergétique de la population et de l’industrie.

Alors même que ce principe d’entreprise intégrée, production, transport, distribution a fait ses preuves depuis 1946 et aurait permis de répondre aux enjeux sociaux, industriels et écologiques du 21ème siècle, les élites européennes font pression sur l’état français pour démanteler les entreprises nationales afin de les livrer aux appétits des marchés financiers.

Après l’absorption de GDF par Suez, c’est au tour d’EDF d’être dépecée : filialisation et vente programmée de RTE, changement de nom et régionalisation prochaine de la distribution, ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques, plans sociaux dans la branche commerce, mise en danger de la santé financière du groupe avec le projet Hinkley Point imposé par le gouvernement… Tout est fait pour casser le modèle solidaire créé par le CNR après guerre.

Cette volonté de destruction du modèle social français s’en prend également à la santé avec la remise en cause de la Sécurité Sociale et de notre régime spécial porté par la Camieg.

Le président de la CAMIEG a été informé par les tutelles en mars d’une lettre de mission remise à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), par le Ministère des finances et le Ministère des affaires sociales et de la santé.

Il s’agit pour l’IGAS d’évaluer la convention d’objectifs et de gestion 2012/2015 (COG) dans la perspective de son renouvellement pour 2017/2020, avec 1 an de retard sur les obligations légales. La COG définit les moyens accordés à notre régime spécial pour la réalisation de ses missions.

La tonalité de ce courrier est très inquiétante, par les pistes « d’amélioration » qui y sont suggérées.

Continuer d’invoquer la baisse des « coûts » tout en prétendant améliorer les services, relève de l’imposture alors qu’il y a 300 Millions d’euros qui dorment dans les caisses. Pour mémoire, ces excédents sont générés en partie par les suppressions massives d’emplois effectuées lors de la création de la caisse au dépend de la qualité du service rendu aux agents et à leur famille.

S’attaquer à notre politique de santé revient à remettre en cause des projets de prévention originaux et novateurs.

Remettre en cause les antennes régionales, c’est casser la dynamique de notre politique de prévention mais c’est aussi éloigner encore davantage les assurés de leur caisse de sécurité sociale. C’est pénaliser en premier lieu les personnes âgées et ceux qui sont touchés par la maladie ou le handicap.

L’argent existe à la CAMIEG pour créer le Fonds d’Action Sanitaire et Social. Ne pas le mettre en place c’est faire supporter au 1% des dépenses indues, relevant des missions de la sécurité sociale. Les excédents de la CAMIEG appartiennent aux assurés et ne sont pas, eux, cachés dans des paradis fiscaux.

Dans ce même cadre de remise en cause de tous les progrès sociaux, nous devons faire face à une nouvelle baisse de 20 millions de la dotation définitive du 1 % pour 2015 ! Alors que les exercices comptables de la CCAS et des CMCAS sont clos !

Cela représente une perte de 14 millions pour la CCAS et 6 pour les CMCAS. Notre CMCAS a dû rendre la réserve de sécurité soit 5 % de notre budget 2016 alors que ce budget était déjà en baisse de prêt de 20% par rapport à 2015. Nous avons perdu 58 000 € en 3 ans soit 1/4 de notre financement.

Les entreprises continuent à faire pression sur les salariés de l’énergie, malgré l’ouverture de négociations avec les fédérations syndicales concernant le financement de nos AS.

A l’approche des vacances estivales, je vous souhaite de passer de bons moments de détente en famille et de profiter de nos chers congés payés, acquis par la lutte des travailleurs, tout en restant vigilant face aux attaques gouvernementales et patronales qui vont se poursuivre durant l’été.

Frank BARAILLER