Le mot du Président – septembre 2017

Cher-e-s bénéficiaires,

Le gouvernement libéral, mis en place par le MEDEF au printemps, a profité de l’été pour préparer la transformation du code du travail, qui ne protègera plus désormais les salariés mais bien les employeurs et les dividendes des actionnaires.

Quel sera l’impact sur nos Activités Sociales qui dépendent de la Branche des Industries Electrique et Gazière quand on sait que les accords d’entreprises pourront désormais être inférieurs à ceux de la Branche professionnelle ?

Alors qu’une grande partie des citoyens français s’inquiète de ce recul social et sociétal, certains syndicats semblent avoir négocié quelques compensations et n’appellent pas clairement à manifester, faisant le jeu du patronat en divisant les salariés.

Au sein même de nos Activités Sociales et de Santé, ces syndicats jouent le jeu des employeurs en refusant de valider la Convention d’Objectif et de Gestion de la CAMIEG proposée par trois Organisations Syndicales, CGT, CFE-CGC et CFTC. Contrairement à la Convention présentée par les pouvoirs publics basée sur le rapport à charge rendu par l’Inspection Générale des Affaires Sociales, elle prévoyait pourtant :

  • La création du fond de solidarité que nous revendiquons depuis 10 ans,
  • le maintien de l’emploi afin de répondre aux besoins des assurés,
  • le regroupement sur la CPAM 92 des demandes d’entente préalable,
  • le renforcement des vacations de proximité et le développement des actions de prévention…

Au lieu de cela, alors que des dizaines de millions d’euros dorment dans les caisses, suite à la non-signature de la COG, l’antenne CAMIEG de Marseille nous a informé de la suspension de la permanence de Gap à compter du 1er octobre sans tenir compte de l’éloignement de nos bénéficiaires qui sont désormais contraints de se déplacer sur Manosque pour avoir un rendez-vous.

On est cependant moins étonné de cette opposition à la COG quand on se rappelle qu’un administrateur CFDT de Gap a déclaré lors d’un Conseil d’Administration qu’on ferait mieux de supprimer la CAMIEG et de basculer sur le régime général. Si on ajoute à cela leur volonté d’augmenter le financement de Mutieg (CSM-R) par les Activités Sociales, on est en droit d’être très inquiet pour notre régime particulier et la solidarité intergénérationnelle qu’il porte encore.

Les négociations sur le financement des Activités Sociales se sont achevées par la publication des décrets modifiant l’article 25 de notre Statut. Le nouveau mode de calcul devrait permettre de pérenniser notre dotation. Mais, avec des taux de prélèvements prévoyant une dotation annuelle de 400 à 420 millions, nous sommes loin de couvrir les besoins des bénéficiaires estimés à 500 millions.

C’est pourquoi la négociation de Branche de cet automne sur les moyens bénévoles, matériels et humains, alloués par les employeurs aux CMCAS, va être aussi importante. Si les bénéficiaires ne sont pas capables de faire évoluer les premières propositions des employeurs, notre CMCAS n’aura plus les moyens d’assurer la proximité que vous connaissez aujourd’hui ni de maintenir le nombre d’actions et d’activités proposées par vos élus.

En effet, ce sont bien vos élus et les militants désignés par les organisations syndicales pour siéger dans les Commissions et les SLVie de la CMCAS qui proposent et construisent les projets afin de répondre aux attentes et besoins des bénéficiaires localement. Pour réaliser ce travail, les élus doivent être détachés, ponctuellement ou en permanence, par leur employeur, et mis à disposition des Activités Sociales et de leurs bénéficiaires. C’est un des enjeux de la négociation actuelle.

A l’approche des élections de CMCAS de novembre, en faisant le bilan de ces trois années, on peut être satisfait du travail accompli par les élus et les bénévoles de la CMCAS. En effet, malgré la baisse de 20% de notre budget et en faisant des choix financiers conformes à nos valeurs, nous avons maintenu notre niveau d’activités et même développé de nouvelles actions en direction des bénéficiaires, portées principalement par les représentants CGT, les autres syndicats n’ayant pas systématiquement désigné de représentants ou ceux-ci n’ayant pas siégé régulièrement dans toutes les Commissions de la CMCAS. C’est forcément dommageable pour la pluralité et le développement de la proximité que nous recherchons.

La gestion démocratique d’un Comité d’Entreprise au service du collectif et de la solidarité est un exercice difficile car il est tellement plus facile de proposer une redistribution directe de la dotation des employeurs plutôt que de s’investir pour le bien commun et de construire des réponses adaptées aux besoins de chacun. Ces propositions consuméristes ne tiennent aucun compte des valeurs de solidarité et d’éducation ouvrière qui ont présidé à la création de nos Activités Sociales et des conquêtes sociales des salariés et de leur famille.

Si on oublie l’histoire ouvrière et surtout comment et pourquoi les acquis sociaux ont été gagnés, nous sommes condamnés à les perdre. C’est le risque que font courir certains syndicats réformistes en prônant l’individualisme et en accompagnant les réformes voulues par les libéraux, au sein de nos entreprises pour le Statut et les Activités Sociales comme à l’extérieur pour le Code du Travail et la Sécurité Sociale.

Je vous invite à être vigilants et mobilisés dans les semaines qui viennent pour défendre vos droits et ceux de vos enfants.

Les Commissions de la CMCAS et vos SLVie préparent actuellement les projets d’actions et d’activités de 2018. Vous pouvez vous rapprocher de vos élus si vous avez des propositions afin que nous travaillions ensemble à leur construction et que nous continuions à faire vivre le Par et le Pour les bénéficiaires, véritable identité de nos Activités Sociales.

Frank BARAILLER