Le mot du Président – Juillet 2018

Chers collègues, chers bénéficiaires,

Comme on pouvait s’y attendre, le bilan d’une année d’exercice du pouvoir « Macronien » est catastrophique pour les salariés.

Notre démocratie semble aujourd’hui en panne ou pour le moins dépassée car c’est le doigt sur la couture, sans réel débat, que les élus de la majorité votent les lois antisociales, quand l’exécutif ne légifère pas directement par ordonnances.

En 1 an, pas d’avancée sociale importante pour les travailleurs de ce pays, au contraire, c’est la baisse des protections sociales et solidaires qui est le cheval de bataille du gouvernement. La baisse des dépenses publiques est présentée comme la solution ultime à la crise économique. Ainsi depuis l’élection présidentielle, le code du travail a été vidé de son contenu protecteur pour les salariés, une partie des cotisations sociales a été remplacée par de l’impôt à travers la CSG impactant fortement le pouvoir d’achat des retraités, l’impôt sur la fortune a été supprimé, l’imposition des capitaux a baissé comme l’impôt sur les sociétés, la taxe sur les délocalisations fiscales a été supprimée. La liste est longue et ne s’arrête pas là.

Les services publics sont dans le collimateur gouvernemental. Après la réforme de l’inscription aux études supérieures qui laisse de nombreux étudiants sans école pour la rentrée, après les baisses budgétaires dans le système de santé, le gouvernement s’est attaqué au transport ferroviaire. La réforme de la SNCF est passée au parlement, ouvrant la porte à la privatisation du secteur.

Vous l’aurez certainement compris avec les dernières déclarations présidentielles et gouvernementales et la campagne médiatique qui a commencé, c’est maintenant au tour des aides sociales et des régimes de retraite d’être sur la sellette dans les prochains mois.

Concernant la branche des IEG, l’état n’est pas en manque d’idées libérales et antisociales pour spolier la nation de ses biens communs avec l’aide de nos employeurs.

Après la filialisation de RTE, après l’annonce de la mise en concurrence de 150 usines de production hydraulique, l’état vient de déclarer qu’il n’avait pas vocation à conserver des parts dans le capital d’Engie et prévoit même la privatisation complète du secteur avec le remplacement du statut des IEG par une convention collective… je vous laisse imaginer les conséquences sur les acquis sociaux des agents et des familles, sans parler des conséquences sur les inactifs si les Activités Sociales sont remplacées par un CE de droit commun.

Nos directions accompagnent ces volontés de privatisation du secteur en restructurant en permanence les entreprises, en supprimant des emplois dans tous les secteurs de la Branche, en versant des dividendes records aux actionnaires allant jusqu’à augmenter l’endettement des filiales, leur faisant courir un risque financier comme à Enedis.

La notion de service public est complètement oubliée par les employeurs, sauf quand il s’agit de faire pression sur les grévistes. La détérioration prévisible des services envers les usagers ne présage rien de bon, c’est exactement ce qui a été mis en place à la SNCF pendant des années pour justifier aujourd’hui sa privatisation. La dégradation volontaire de la qualité des services publics, transport, santé, énergie, éducation, permet de préparer l’opinion publique pour que l’état puisse en proposer la privatisation en promettant que ce sera mieux après.

Cette logique financière prévaut également pour nos Activités Sociales. Ainsi après la baisse de 100 millions, soit 20 % de notre dotation en 4 ans, les employeurs se sont attaqués aux moyens humains et matériels avec l’accord sur les moyens bénévoles, applicable puisque signé par 2 organisations syndicales. C’est notre salaire différé qui baisse pour mieux gaver les actionnaires. Si nous ne parvenons pas à obtenir des Directions locales des avancées significatives pour les détachements des élus et pour le plafonnement du loyer, les bénéficiaires risquent de voir disparaître toute la proximité et le lien social que la CMCAS avait su créer depuis des décennies.

L’état et les employeurs s’attaquent également à notre protection sociale. Depuis 2016, le fonctionnement de la CAMIEG est altéré par l’absence d’une nouvelle Convention d’Objectifs et de Gestion. Le Conseil d’Administration de la caisse a en effet refusé de la valider car malgré plus de 340 millions d’excédents, l’état exige de nouvelles restrictions budgétaires et 10% de baisse des emplois.

Contrairement aux employeurs qui souhaitent une nouvelle baisse des cotisations, nous revendiquons des améliorations de remboursements, le maintien des effectifs, déjà largement inférieurs à ceux prévus lors de la création de la caisse il y a 10 ans, et la création d’un fond social.

Les politiques régressistes de nos directions commencent à exaspérer les salariés de la Branche et depuis quelques semaines de nombreuses actions revendicatives voient le jour partout en France avec des blocages de sites et la reprise en main de l’outil de travail.

La direction est loin d’être tranquille face à ces actions et la mise en place de vigiles, l’appel à des huissiers et les assignations de nombreux collègues devant les tribunaux est la preuve de son inquiétude grandissante.

Je suis persuadé que les salariés peuvent faire reculer nos directions comme les citoyens peuvent infléchir les politiques gouvernementales à condition d’être unis dans la résistance.

La solidarité, 1ère valeur de nos Activités Sociales, peut l’emporter face au libéralisme et à l’individualisme mais pour cela, il faut que chacun en prenne conscience et se mobilise pour le bien commun.

Frank Barailler – Président de la CMCAS