Le mot du Président – Décembre 2018

Cher.e.s collègues, cher.e.s bénéficiaires,

Cette fin d’année 2018 est fortement marquée par la révolte sociale des classes populaires, de ceux q ui ne sont rien comme les a identifiés Mr Macron au début de son mandat.

Il aura donc fallu 18 mois de politique libérale antisociale et de mépris de classe pour que les citoyens se mobilisent enfin et se réapproprient la place publique pour crier leur détresse.

Ce mouvement, véhiculé par les réseaux sociaux en dehors des appels des partis politiques et des syndicats, protestant initialement contre la hausse des taxes sur les carburants, a dépassé cette seule requête pour construire un ensemble de revendications cohérent visant à améliorer la qualité de vie de tous les citoyens Français.

Malgré les désinformations diffusées par les médias à la solde du pouvoir macronien, malgré les pressions et répressions policières, la minorité silencieuse s’exprime aujourd’hui et chacun d’entre nous peut s’identifier dans la détresse exprimée et se sentir moins seul.

Pour l’instant, si le gouvernement semble avoir compris le danger pour sa classe dirigeante, la seule réponse apportée est dans la répression violente des manifestations.

Les quelques mesurettes présentées par Macron le 10 décembre pour apporter un peu de « pouvoir d’achat » sont loin de répondre aux besoins exprimés. D’autan qu’une fois encore les quelques euros gagnés seront financés sur le dos de la protection sociale des salariés et non par les grands gagnants de la politique de La République En Marche, le patronat, les banques et les plus riches.

Au sein même des entreprises de la Branche des Industries Électrique et Gazière, cette politique antisociale est celle que portent les employeurs :

-         Baisse des emplois,

-         Blocage des salaires et pensions,

-         Augmentation des dividendes,

-         Réduction de la représentation syndicale et sociale,

-         Volonté patronale de baisse des cotisations Camieg,

-         Évasion fiscale…

La liste est longue des attaques menées contre les salariés et leurs familles et ce n’est pas la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie présentée récemment par le gouvernement qui va inverser la tendance. En effet, en sanctuarisant la seule production nucléaire, les intentions gouvernementales s’affichent: toutes les autres filières de la Branche des IEG, production, transport, distribution, sont susceptibles d’être  réformées, voir offertes aux appétits des financiers.

Dans la droite ligne de la politique gouvernementale, nos employeurs proposent 0,3 % d’augmentation du Salaire National de Base actant ainsi une nouvelle perte de pouvoir d’achat mais annoncent dans le même temps le versement d’une prime, défiscalisée, de 500 à 800 euros pour les plus bas salaires. Si cette somme sera certainement très appréciée des quelques salariés qui vont la toucher, c’est une nouvelle attaque contre la solidarité et notre protection sociale.

Pour compenser la baisse de pouvoir d’achat et résorber les excédents, les employeurs et les fédérations CFE-CGC et CFDT proposent de baisser les cotisations Camieg. C’est une proposition de court terme, au seul avantage financier du patronat et des plus hauts salaires. Il serait socialement plus intéressant d’améliorer les remboursements Camieg et de prendre en charge des prestations servies par Énergie Mutuelle (ex-Mutieg). Cette solution permettrait d’éviter de nouvelles augmentations de la Couverture Supplémentaire Maladie pour les actifs comme pour les retraités et préserverait notre régime solidaire.

Lors du dernier CA, les administrateurs ont travaillé sur la réorganisation des structures élues de la CMCAS afin de nous mettre en conformité pour 2019 avec l’accord sur les moyens bénévoles.

La baisse des heures allouées par les employeurs pour le fonctionnement de vos activités sociales est très importante, mais vos administrateurs, comme les bénévoles, de la CMCAS ont à cœur de continuer à créer du lien social à travers le développement d’activités et d’offres dans la proximité.

Il n’est pas question de céder aux volontés plus ou moins masquées des employeurs de fusions régionales de CMCAS où nous perdrions encore des moyens humains au détriment de la Proximité avec nos bénéficiaires et des valeurs humanistes qui font la force de la CMCAS de GAP et des Alpes du Sud.

Les employeurs ne nous feront pas de cadeau et pour l’instant, le secrétaire général, le trésorier et le président de votre CMCAS ne disposent plus d’heures de détachement pour 2019.

La fédération CGT a annoncé vouloir aider les « petites » CMCAS à partir du contingent d’heures sociales dont elle dispose par cet accord. Mais la CGT seule ne pourra pas compenser la totalité des heures pour la dizaine de CMCAS qui n’ont plus de droit pour leur bureau. Je lance un appel pour que les autres Fédérations dotent elles aussi la CMCAS de Gap d’un volume d’heures nous permettant de faire fonctionner notre Bureau et de continuer à développer le lien social de proximité.

En attendant de vous rencontrer pour échanger en 2019, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et je vous adresse ainsi qu’à vos proches tous mes vœux de bonheur et de santé pour la nouvelle année.

« Bon bout d’an » et que « l’an qué ven » soit solidaire !

Frank Barailler

Président de la CMCAS